CGG : Mon compte rendu de l’AG du 31/10/17.

C’est dans une salle assez clairsemée, et une ambiance étonnamment plutôt calme et studieuse qu’a eu lieu à 11H00, l’AG / AGE de CGG à l’Espace Esselières – Rond point du Général de Gaulle – 3, boulevard Chastement de Gery – 94800 Villejuif. Je suis arrivé à 10h30 mais ayant eu un certain nombre de problèmes à régler avec le centralisateur de l’AG, je suis rentré dans la salle vers 11h15, sans objection à émettre à BNP Paribas Securities Services sur vos mandats à notre association.

 

De mémoire, succinctement, le déroulement de l’AG fut le suivant et se sont succédés :

1 / Le président du Board, pour faire le préambule.
2 / M. Malcor, pour nous dire en substance que si le plan n’était pas voté aujourd’hui par les actionnaires, eh bien le pire était à craindre, redressement judiciaire, etc… comme nous le constaterons par la suite, il s’avérera que le plan ne sera pas voté ce jour, et qu’il n’y a pas pour autant péril en la demeure…
3 / Puis ce fut le tour du cabinet Mazars , le commissaire aux compte de CGG, invitant à la prudence quant aux projections 2018/2019 de la direction de CGG, car comme le disait monsieur Henri Queuille : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »…
4 / puis vint l’expert dit « indépendant » Ledouble, pour nous redire ce que nous dit CGG précédemment, car il ne va pas mordre la main de celui qui le nourrit, un grand classique des cabinets « indépendants »…
5 / et enfin Me Bourbouloux, qui a eu des propos justes et a fait un constat assez neutre.

 

Puis vient le moment des Questions / Réponses, où j’ai pris la parole :

Je commence. J’indique qui je suis et que je représente des dizaines d’actionnaires et plusieurs dizaines de milliers d’actions. Je précise que je n’ai que 10 actions à un PRU de 4 euros et que par conséquent, je ne suis pas impacté par l’évolution défavorable de cette action.

J’interpelle la BPIfrance, son représentant ainsi que l’administrateur qui la représente et qui siège au conseil d’administration de CGG, en l’occurence Madame Anne Guérin, sur cet investissement financièrement catastrophique, sur la destruction des 5500 emplois depuis que la BPI est actionnaire de CGG (depuis 2010 donc), sur l’absence d’un rapport de son Comité des risques émanation du conseil d’administration de BPI, et du rapport alarmant de la Cour des comptes en Novembre 2016. Réponse de leur part ? Le mutisme le plus total.

Le président du Board, Monsieur Rémi Dorval, nous dit que le quorum n’est pas atteint, alors je lui pose la question suivante : « Je vous ai averti préalablement, pourquoi n’avez-vous pas mis en place Votaccess pour faciliter les votes des actionnaires ? » Réponse : …CGG ne l’a jamais fait avant.

Sur la responsabilité de la direction dans la procédure Chapter 11 et les filiales en garantie nantissement ? Réponse : …il faut comprendre qu’il ne pouvait pas faire autrement.

Sur la structure du plan inéquitable qui va donner de facto la société aux créanciers, des spéculateurs très court-termistes, ayant acheté cette dette avec une décote de 40 à 70 % et se faisant rembourser au nominal ? Réponse : …en gros, je comprend bien mais c’est le système qui est comme ça mon bon monsieur.

Sur les acquisitions en haut de cycle comme Fugro à 11 ou 12 fois la capitalisation actuelle ? Réponse : …on ne peut pas prévoir le cours du baril…

Sur les perspectives jusqu’en 2020 sachant que la direction a été notoirement toujours trop optimiste ? Réponse : je comprends que les chiffres sont des projections qu’il faut les prendre avec des pincettes…

Sur les administrateurs qui ne participent pas à l’AK de 2016 ? Réponse : Rien de claire et précis, à part que l’AK n’est soi-disant pas accessible aux non-résidents fiscaux français.

Une personne de l’encadrement s’approche de moi pour me faire comprendre que je dois lâcher le micro et ne plus poser de question. Soit, j’en pose 2 dernières pour la route, un actionnaire individuel après une division de son investissement de 137 en 10 ans, – 99 % en 5 ans, ne recevra que 3 % de la valeur actuelle de CGG si il ne peut pas souscrire, il sera définitivement ruiné ! Si il peut souscrire il devra remettre 4 fois sa mise en participant à l’AK, puis éventuellement au BSA 1 et 2 ? … Pourquoi n’y a t’il pas de lock-up pour les créanciers, le flow-back va être phénoménal ? Réponse : Rien, circulez y a rien à voir.

 

Il devait y avoir un quorum de 25 % pour que les résolutions de l’AG Extraordinaire qui concerne les résolutions du plan de restructuration puissent être voté, il n’y eu que 22,48 % des actionnaires présents ou représentés.
Une seconde AGE devrait avoir lieu le 13 Novembre prochain, le quorum a atteindre sera alors légalement réduit à 20 %.

A noter que sur les 22,48 % des actionnaires présents : BPIfrance et DNCA pèsent 17,3 % du capital et 77 % des voix. Hors ils voteront pour le plan le 13/11/17. Aussi, CGG publiera ce jour-là ses résultats financiers du troisième trimestre 2017. Notez également 2 résolutions votées et refusées sur la rémunérations de Malcor (un syndicaliste de CGG est venu me parler à ce moment là et je n’ai pas pu prendre note, mais il me semble que ce sont les 9ème et 10ème résolutions).

Lors de cette deuxième convocation, il suffira de réunir un quorum de 20% pour que l’AGE puisse se tenir, ce qui me semble atteignable compte tenu du poids représenté par le trio BPI, IFP et DCNA.

Le plan de sauvetage soumis aux actionnaires se traduira de fait par la prise de contrôle du groupe parapétrolier par ses créanciers en raison de la conversion de la dette en capital, qui aura pour effet une dilution massive des actionnaires actuels.

J’ai terminé cette AG, qui a fini vers 14H40, en allant boire un café avec le Président et le Secrétaire Général d’AMCGG, ainsi qu’un actionnaire individuel.

 

Bien à vous,
Alexandre Loussert