CGG : Mon compte rendu de l’AGE du 13/11/17.

Dans une salle encore plus clairsemée que lors de l’assemblée générale du 31 Octobre 2017 s’est tenue hier, au Parc des Portes de Paris, Dock Haussmann, 87 avenue des magasins Généraux, 93300 Aubervilliers, l’AGE de CGG. Le quorum fut une nouvelle fois très faible à 23,94 % avec la participation de 493 votants.

L’assemblée générale extraordinaire s’est déroulée ainsi :

– Introduction de M. Remi Dorval, Président du board.
– Présentation des résultats Q3 / 9 M 2017.
– Présentation du plan de restructuration financière (AGE).
– Intervention des CAC.
– Intervention de l’expert indépendant.
– intervention de l’administrateur judiciaire.
– Session Questions-Réponses.
– Vote des résolutions.

 

J’ai pris la parole (avec le Président, le Secrétaire général d’AMCGG, ainsi que de 2 journalistes de minoritaires.com et d’investir / Les échos…) pour m’opposer au plan.

Je me suis exprimé ainsi :
« Monsieur Malcor, je ne vais pas réitérer les propos que j’ai tenu il y a 15 jours lors de l’assemblée générale du 31 octobre, cela n’a pas d’intérêt et j’aurais très probablement les mêmes réponses insatisfaisantes de votre part… Je souhaite cependant revenir plus en détails sur la structure de ce plan dans le cadre de cette restructuration financière complètement inéquitable au profit exclusif des créanciers, et plus particulièrement au profit des créanciers HY qui détiendrait 88,5% du capital post augmentation de capital ; alors que les actionnaires actuels n’en détiendraient, in fine, qu’un peu plus de 3 % pour ceux ne pouvant pas souscrire. Par ailleurs, je précise qu’en cas de liquidation, les créanciers HY n’auraient récupéré que 0,1% du montant de leurs créances grâce aux sociétés garantes, selon les experts financiers de la Banque Lazard, mandatés dans le cadre du Chapter 11 aux États-Unis…
Ce plan, Monsieur Malcor, n’assure pas la pérennité de CGG ! Il repose sur des projections de hausse du chiffre d’affaires de pratiquement 70 % entre 2017 et 2019 ; la plupart des analystes n’y croient pas. Il laisserait une dette importante, à savoir, entre 2 et 2,5 x l’EBITDA, et tout ceci avec des taux d’intérêts extrêmement élevés, à savoir 13,5 % sur une partie de la dette résiduelle au profit des créanciers HY (toujours les mêmes…) à qui ce plan offre des actions quasiment gratuites (les fameux BSA à 0,01 euros…) pour plus de 15 % du capital. Aussi, un mot sur les commissions payés aux créanciers HY qui sont totalement hors des standards de marché…
Je terminerai, Monsieur Malcor, en reprenant les propos que vous avez tenus dans les échos du 25 octobre 2017, à la question du journaliste : « Que se passerait-il si l’assemblée générale ne donnait pas son feu vert ? » Vous avez répondu : « Nous nous retrouverions immédiatement en crise de liquidités et la continuité d’exploitation de l’entreprise ne serait plus assurée… » Fin de citation. Je constate que le plan n’a pas été voté et 15 jours plus tard ; nous voici ici et il n’y a eu péril en la demeure pour CGG… Il y a peu un plus d’un an, ici-même, dans cette salle, l’association RegroupementPPLOCAL a rejeté massivement les résolutions liées à une augmentation de capital particulièrement inéquitable pour négocier un plan plus favorable aux actionnaires minoritaires et ceci sans porter atteinte à l’intérêt social de cette société ; et 15 jours, ce fut le laps de temps qu’il nous fallut dans ce dossier emblématique des dérives d’une certaine finance pour faire ce travail et conclure cet accord.
J’appelle donc les actionnaires ici présents à voter contre ce plan pour essentiellement 3 raisons :
Primo, voter contre, dans l’intérêt social de CGG, il ne faut pas donner la société aux Hedge funds spéculateurs qui ont acquis cette dette avec une décote allant jusqu’à 70 % mais faisant valoir leurs créances au nominal. Ce sont des « spéculateurs » ne voyant qu’une seule chose , l’aspect financier à très court terme….
Deuxio, voter contre, donnez-vous l’opportunité d’améliorer votre sort en disant « non » à ce plan inique qui certes bonifie la structure bilancielle de CGG, mais au prix de votre ruine personnelle, sans pour autant offrir à l’entreprise, me semble-t-il, les moyens nécessaires permettant d’assurer un rebond de son activité digne de ce nom.
Tertio, voter contre, car pour paraphraser un actionnaire individuel avec qui j’ai discuté ce week-end, je cite : « ce plan est une véritable spoliation » Fin de citation. »

 

Malgré nos interventions et notre mobilisation, le plan a été voté à plus de 90% pour les résolutions liées à l’augmentation de capital (le trio BPIfrance / DNCA / IFP ayant voté pour le plan et représentant plus de 80% des voix…). Cette restructurations financière s’est une nouvelle fois faite au détriment des actionnaires minoritaires. La baisse drastique d’actionnaires individuels sur les marchés financiers est la résultance de ce type de plans qui ruinent éhontément des milliers d’épargnants français.

 

Le calendrier des prochaines échéances (la liste est non-exhaustive) :
20/11/17 : Une audience est prévue au tribunal de commerce de Paris qui doit doit examiner le projet de plan de sauvegarde. ainsi que le « recours formulé par certains porteurs d’Océane à l‘encontre » du plan de sauvegarde.
5 /12/17 : Visa de l’AMF sur le prospectus de l’Émission d’actions avec DPS et publication.
7/12/17 : Journée comptable pour attribution des DPS.
8/12/17 : Début négociation des DPS.
12/12/17 : Souscription AK.
18/12/17 : Fin négociation DPS.
20/12/17 : Fin souscription AK.
17/01/18 : Règlement-livraison des ABSA, des BSA #2, des BSA #1, des Actions Créanciers 1, des Actions Créanciers 2, des BSA #3, des BSA de Coordination et des BSA Garantie.