L’activisme actionnarial. Surpasser les craintes françaises pour en faire une force !

Dans le cadre de la fin de leurs cursus, deux ingénieurs des Mines, Thibaud Frossard et Clément Jakymiw publient une étude académique sur : « L’activisme actionnarial. Surpasser les craintes françaises pour en faire une force ! » 
Ils formulent également des propositions constructives visant à améliorer les pratiques des acteurs de la Place de Paris.

Nous vous invitons à lire leurs travaux, en cliquant sur le lien ci-dessous : 
Frossard, Jakymiw – L’activisme actionnarial Surpasser les craintes françaises pour en faire une force

Bonne lecture.
Bien à vous, 
L’équipe de PPLOCAL

Quelques mots sur les deux auteurs :
Monsieur Thibaud Frossard est diplômé de l’école Polytechnique et ingénieur des Mines.
Il a en particulier travaillé au sein de grands groupes (AXA, SNCF, etc…) et dans le conseil.
Monsieur Clément Jakymiw est diplômé de l’ENS Lyon et ingénieur des Mines.
Il a en particulier travaillé pour Orano (ex-Areva) Hexcel et Saint-Gobain.

Synthèse du rapport : 

Barbares aux portes des entreprises, maître-chanteurs, destructeurs de valeurs de long-terme, meute de loups, côté obscur de la force, ou encore prédateurs financiers sont autant de surnoms donnés, aujourd’hui, à certains actionnaires minoritaires qui, parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’équilibre régnant dans une société appartenant à leur portefeuille, donnent de la voix pour faire bouger les lignes au sein de celle-ci.

Considéré comme l’axe du mal par ses détracteurs, l’actionnaire activiste n’est rien d’autre qu’un contre-pouvoir qui utilise ses droits, particulièrement craint en raison de sa seule visibilité à travers des pratiques douteuses, et des velléités effectivement destructrices de valeur de certains acteurs. Il serait injuste de pénaliser tout un mouvement croissant d’engagement actionnarial, se transformant progressivement, et pouvant aider les entreprises à prospérer. Et ce, d’autant plus que de nombreux fonds s’intéressent dorénavant aux sujets environnementaux et sociaux.

L’activisme actionnarial introduit une discipline de marché salutaire permettant à la fois, pour les entreprises, de conserver la confiance des investisseurs et de prospérer avec la meilleure gouvernance possible. L’activisme s’appuie sur une lacune identifiée au sein de l’entreprise. Il propose, ainsi, une vision que les autres parties concernées doivent pouvoir accepter ou refuser en particulier quant à la capacité de celle-ci à créer de la valeur à long-terme.

La France a tout à la fois besoin d’entreprises françaises responsables, à la gouvernance exemplaire, et d’investisseurs s’engageant activement dans le développement de ces dernières.

Si la puissance publique n’a pas à trancher entre les doléances des activistes ou du management, elle doit pouvoir faire confiance à des acteurs responsables qui s’entre-arbitrent. Et ainsi fournir un cadre orienté vers le long-terme, une bonne gouvernance et un dialogue actionnaire-émetteur efficient, seuls protecteurs contre un activisme opportuniste !

Les cinq propositions faîtes vont dans ce sens.

Proposition 1 :Ouvrir, sous le contrôle transitoire de l’État si nécessaire, une consultation de Place pour améliorer les règles de rédaction et d’application du code de bonne gouvernance des entreprises françaises.

Proposition 2 :Sur la base du Investor Forum britannique, créer un organe, issu de la consultation, permettant le dialogue et l’implication collective des investisseurs individuels et institutionnels.

Proposition 3 :Étendre les droits réservés aux actionnaires au nominatif, aux actionnaires au porteur, en particulier les droits de vote double.

Proposition 4 :Promouvoir l’épargne salariale, tout en s’assurant de son libre arbitre, et de son indépendance vis-à-vis du management.

Proposition 5 :Faire des administrateurs-salariés un véritable atout de gouvernance des entreprises françaises.