Intrasense : Interview d’Alexandre Loussert à boursier.com

En date du 21/6/19, vous trouverez en cliquant sur le lien ci-après l’interview de Monsieur Alexandre Loussert (Président de l’association PPlocal) à boursier.com

Bonne lecture

Boursier.com : A l’approche de l’ AG d’Intrasense ce lundi, le Directeur Général, Nicolas Reymond, évoque une démarche opportuniste de la part d’actionnaires menés par l’association PPLocal, récemment entrés au capital et qui s’opposent à la direction…

Alexandre Loussert : Certains propos du DG d’Intrasense, dans l’interview que vous avez récemment publiée sur Boursier.com, me semblent inexacts. En l’occurrence, dire que nous sommes opportunistes est faux alors que la contestation date de plus d’un an. A titre personnel, je suis actionnaire depuis plusieurs mois. Mais beaucoup d’actionnaires, dont Najim Solimani, candidat non agréé au Conseil, sont présents depuis plus longtemps, notamment regroupés au sein de l’association RegroupementPPIntrasense. Beaucoup d’entre eux ont des droits de vote doubles, preuve qu’ils sont présents au capital depuis un certain temps. Ils se sont manifestés à de nombreuses reprises auprès du Conseil d’administration d’Intrasense, qui n’a pas tenu compte de leurs demandes. Cela s’était manifesté, lors de l’AG de 2018, par près de 25% de contestation dans les votes…

Boursier.com : Combien pesez-vous au capital ? Pensez-vous être en mesure de peser lors de l’AG ?

A.L. : Contrairement à nous, qui sommes dans l’expectative, le Conseil d’administration connait l’état des forces en présence. S’il décide de prendre la parole comme il l’a fait, c’est qu’il est peut-être inquiet. Factuellement, les trois administrateurs que nous proposons au Conseil, dont moi-même, totalisent 4% du capital. Il faut évidemment ajouter tous les actionnaires mécontents… Ce qui nous fait penser que nous serons au-delà des 25% d’opposition de l’an passé.

Boursier.com :  Vos résolutions si elles sont votées, aboutiraient à un renversement du Conseil, donc à une prise de contrôle d’Intrasense…

A.L. : Contrairement à ce que dit Monsieur Reymond, nous ne souhaitons pas déstabiliser Intrasense. Nous souhaitons conserver le DG exécutif et nous inscrire dans une démarche constructive de long terme. Nous voulons l’aider à améliorer sa stratégie et notamment sa méthode de gouvernance ainsi que sa communication qui ont porté préjudice au cours de Bourse. Par ailleurs, il faut que la direction s’engage à stopper les dilutions sans DPS. Enfin, nous sommes aussi en mesure d’attirer des investisseurs institutionnels capables de s’intéresser au dossier. La direction semble manquer de réseau ou être mal conseillée et ne parvient pas à attirer les investisseurs institutionnels, totalement absents du capital. D’où la nécessité de changer le Conseil d’Administration, visiblement peu impliqué.

Boursier.com : La volonté affichée par la Direction est de stopper les instruments dilutifs. Ce qui a été fait pour les six premiers mois de l’année avec la suspension du programme d’OCABSA. Vous ne lui faites pas confiance pour la suite ?

A.L. : Ce que je constate, c’est le quintuplement du nombre d’actions en cinq ans , passant de 4 millions à plus de 19 millions. Le Conseil d’administration n’a pas annoncé l’arrêt du contrat d’obligations convertibles qui pourrait tout à fait reprendre après l’AG de ce lundi. D’ailleurs, à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale, il y a énormément d’outils dilutifs. La résolution n°9 octroierait par exemple au Conseil la possibilité de valider l’arrivée d’un ou plusieurs investisseurs pour 1 ME avec une décote de 25% sur le cours. En parallèle, le Conseil d’administration prend soin de supprimer les DPS. Tout ceci est symptomatique d’un manque cruel de considération envers les actionnaires.

Boursier.com : Le nouveau DG a toutefois réussi à redresser la barre et à quasiment atteindre l’équilibre opérationnel… C’est à mettre à son crédit, alors qu’il n’est là que depuis 1 an et demi.

A.L. : Le chiffre d’affaires demeure inférieur de 50% à celui de 2014. La société n’a jamais été bénéficiaire. Le nombre d’actions a quintuplé en cinq ans et le cours de Bourse s’est effondré de 95%… Le tableau est pour le moins catastrophique. Le nouveau DG n’est peut-être pas redevable de tous ces éléments, mais je ne vois pas en quoi il a amélioré la situation depuis son arrivée ! On en demeure au stade de l’hypothèse d’un début de redressement.

Boursier.com : Concernant le modèle de l’entreprise justement. Etes-vous là aussi critique ?

A.L. : C’est une bonne chose d’être passé d’une stratégie de ventes en « B to H » à du « B to B », avec des contrats de perspectives plus longues, de 2 à 5 ans, sur des marchés porteurs comme le marché chinois ou le marché américain. Nous souscrivons à cette stratégie et comptons aider la direction à l’amplifier.