SoLocal : la presse réagit aux modifications du plan

Les deux communiqués diffusés par SoLocal Group le 28 septembre 2016 sur les évolutions de son plan de restructuration financière et celui publié, en réaction, par RegroupementPPLOCAL le 29 septembre ont été largement relayés par la presse.

L’Express Votre Argent revient sur les modifications apportées par SoLocal Group à son plan initial de restructuration financière dans un article intitulé « SoLocal : le projet de restructuration finalisé. »

Extrait :

Dans un communiqué dévoilé dans la matinée, le spécialiste de la communication locale détaille les caractéristiques du programme de restructuration qui vise à faire passer sa dette de 1,16 milliard d’euros à environ 400 millions. Le groupe indique prévoir l’octroi aux actionnaires d’une action gratuite pour chaque action détenue en remplacement des bons de souscription d’actions.  

En outre, SoLocal Group a, dans un second communiqué, proposé la nomination de quatre nouveaux administrateurs à son Conseil. Zone Bourse en fait la liste dans son article « SoLocal propose la nomination de quatre nouveaux administrateurs, dont deux de RegroupementPPLOCAL. »

Extrait :

Ce groupe est composé de deux représentants de l’association d’actionnaires individuels RegroupementPPLocal, opposée aux modalités actuelles du plan de refinancement, Anne-Marie Cravero et Alexandre Loussert. L’association demandait que trois de ses représentants rejoignent le conseil d’administration de Solocal et le remplacement de son président, Robert de Metz, par Jacques-Henri David. Les deux autres candidats représentent les créanciers de Solocal, il s’agit de John Slater, associé chez Paulson, plus important créancier du groupe, et de Dominique d’Hinnin. Ce dernier est l’ancien directeur financier de Lagardère.

L’Express Votre Argent reprend également cette information dans son article « SoLocal propose 4 nouveaux administrateurs » et complète :

Si ces propositions sont approuvées par l’Assemblée Générale Mixte du 19 octobre 2016, le Conseil d’Administration de SoLocal Group sera composé de treize membres, dont un administrateur élu par les salariés, six femmes et huit administrateurs indépendants (dont les deux nouveaux représentants des actionnaires individuels). Ces nominations pourraient être suivies d’autres évolutions de la gouvernance. 

En effet, « RegroupementPPLOCAL a demandé l’inscription de résolutions supplémentaires à l’AG », comme le rappelle le titre de l’article du 27 septembre 2016 de Capital.fr.

En vue de l’assemblée générale de SoLocal qui se tiendra le 19 octobre, l’Association RegroupementPPLocal, qui regroupe plus de 1400 actionnaires de SoLocal Group, a annoncé avoir demandé à la société l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée de plusieurs résolutions supplémentaires « visant à faire évoluer la composition du Conseil d’Administration afin d’assurer une plus juste prise en compte des intérêts des actionnaires, notamment individuels. »

Toutefois, les deux parties prenantes sollicitées par SoLocal Group pour le financement de son plan ne sont pas totalement convaincues. D’une part, « Le soutien des créanciers n’est pas acquis », selon le titre de l’article de BFM TV Trading Sat.

Ce nouveau plan conserve les BSA pour les créanciers (déclenchement à 2,0 euros), tandis qu’ils sont supprimés pour les actionnaires (déclenchement à 1,5 euro). Ces derniers recevront néanmoins 1 action gratuite pour 1 action détenue, « ce qui renforce mécaniquement leur poids implicite dans l’opération, même en cas de souscription nulle », souligne Natixis dans sa note. Pour le courtier, « ces nouveaux termes sont donc favorables aux actionnaires, mais le soutien des créanciers n’est désormais pas acquis » alors qu’ils étaient à plus de 50% favorables au plan initial. 

Surtout, les petits porteurs, par la voix de RegroupementPPLOCAL, restent insatisfaits par ce nouveau plan. La nomination de deux membres de l’association en tant que représentants des actionnaires individuels au Conseil d’administration de SoLocal n’est pas suffisante et l’AFP l’explique bien dans sa dépêche titrée « SoLocal : les minoritaires toujours insatisfaits du plan de restructuration. »

« L’association note que la société parle enfin des actionnaires individuels comme de parties prenantes devant être représentés au conseil », reconnaît RegroupementPPLocal. « Toutefois, la proposition d’élargissement du conseil d’administration pour intégrer deux membres de l’association ne suffirait pas à représenter l’actionnariat, pas même individuel, dans le capital ni à améliorer significativement la gouvernance de l’entreprise », ajoute-t-elle.

Comme l’indique également le titre de l’article de Boursier.com« RegroupementPPLOCAL reste en opposition frontale. »

Malgré les avancées, matérialisées notamment par la suppression des BSA au profit d’une action gratuite pour une détenue, l’association ne voit pas de modification dans le déséquilibre entre actionnaires et créanciers et du « transfert de valeur de plusieurs centaines de millions d’euros », selon les termes de l’association, au profit des créanciers tel qu’induit par le plan.

Les Echos relèvent aussi ce désavantage au profit des créanciers dans un article titré « SoLocal doit encore convaincre ses actionnaires sur sa dette. »

Cette attribution d’une action gratuite est très loin de donner à SoLocal, une entreprise rentable, sa vraie valeur », estime Baudoin de Pimodan, à l’initiative du RegroupementPPLocal. Celui-ci conteste par ailleurs l’attribution de bons de souscription aux créanciers. « On leur dit : pendant cinq ans vous allez pouvoir acheter des actions à 2 euros. C’est un détournement au profit des créanciers du fruit futur des développements de SoLocal », juge-t-il.

Autre sujet de débat : le plan prévoit une dette résiduelle de 400 millions. « Les créanciers demandent que cette dette soit rémunérée à des taux de 7 % à 9 % comme si c’était un junk bond ! », s’insurge-t-il. Sans compter que d’anciens actionnaires de SoLocal, les fonds Amber et Paulson, « qui ont récemment vendu leurs actions entre 8 et 12 euros, ont racheté de la dette décotée et veulent désormais acquérir des actions à 1 euro comme le prévoit l’augmentation de capital. 

L’hebdomadaire Investir, dans son article « Les petits porteurs s’opposent toujours à la direction » publié dans le numéro 2230 du 1er octobre (en kiosque ou par abonnement) , revient plus en détail sur les termes de la dette résiduelle présentés par SoLocal, jugés décevants par les actionnaires.

Le marché a en outre été informé du résultat des négociations sur les caractéristiques de la dette résiduelle de 400 millions d’euros sur cinq ans, qui ont été menées sous l’égide de l’administrateur ad hoc Hélène Bourbouloux, nommée par le tribunal de commerce. Ce résultat est décevant. Alors que SoLocal espérait un taux proche du taux moyen actuel de la dette, soit 5,5%, il s’établirait entre 7 et 8% lors des six premiers mois, puis évoluerait selon le niveau d’endettement. La charge de la dette serait donc supérieure de 10 à 20 millions d’euros par an, à ce qui était prévu. Le directeur général, Jean-Pierre Remy, nous dit que « les investissements seront maintenus entre 70 et 75 millions par an », car les frais financiers supplémentaires seront pris sur le remboursement du principal de la dette. Il n’en reste pas moins que le taux demandé est élevé, s’agissant d’une société bénéficiaire dont le bilan serait assaini, avec une dette ramenée de 4,3 fois à 1,5 fois l’Ebitda. 

Dans son article intitulé « SoLocal : RegroupementPPLocal toujours pas satisfait », L’Express Votre Argent donne encore plus de détails sur ce que dénonce l’association.

Dans un communiqué, RegroupementPPLocal dénonce une ‘OPA qui ne dit pas son nom  de la part de fonds spéculatifs.

Le média poursuit :

L’association met notamment en avant l’arrivée prévue au conseil d’un représentant de Paulson, un fonds anglo-saxon qui était selon elle actionnaire du groupe jusqu’au troisième trimestre 2015.

D’autres médias parlent aussi de « l’affaire SoLocal »:

Le Figaro, dans son article titré « SoLocal espère rallier les minoritaires à son plan » et Hebdo Bourse Plus dans son article intitulé « SoLocal, c’est non »

Boursier.com décrit l’impact de cette annonce sur le titre en Bourse dès le 28 septembre et titre « SoLocal star d’un jour ».

Elle monte, elle monte Solocal en bourse. Le titre s’adjuge plus de 20% en fin de matinée sur le marché parisien, pour atteindre 3,10 euros. 

Mais ce n’était pas un feu de paille puisque le 3 octobre, l’action SoLocal continuait de s’apprécier,  clôturant même à 3,90 €, ce qui ne présage évidemment pas de la suite.